Le groupe Angevin est une entreprise familiale bretonne, spécialisée dans le gros œuvre. L’entreprise compte 600 employés et réalise un chiffre d’affaires de plus de 220 millions d’euros. En 2015, ils gagnent le projet du métro de Rennes et utilisent pour la première fois la plateforme Bimsync, l’envrionnement commun de données qui permet de partager à la fois des documents et des maquettes. À l’époque, Charles Viel était Directeur de projet pour le compte d’Angevin EG (créée en 2012) et avait particulièrement apprécié cette facilité d’accès aux maquettes. Il a depuis été promu Directeur d’agence et a eu la volonté de digitaliser l’entreprise avec l’aide de son BIM Manager, Nicolas Cormier.

3D model in Bimsync open BIM platform
Ligne B RENNES Station Beaulieu

Ligne B RENNES – Station Beaulieu

Ligne B RENNES Station Atalante
3D model in Bimsync open BIM platform

Ligne B RENNES – Station Atalante

Interview croisée de Charles Viel et Nicolas Cormier.

Charles – pourquoi l’utilisation des maquettes et de Bimsync t’a-t-elle séduit lors du projet du métro de Rennes ?

« Tout d’abord pour sa facilité d’utilisation » confie Charles Viel. La solution est simple, claire et minimaliste. Pour les personnes qui n’ont pas l’habitude de manier des maquettes ou simplement les outils informatiques, Bimsync est rapide à prendre en main puisque intuitive. L’interface utilisateur agréable est un avantage par rapport à des plateformes GED (Gestion Electronique de Documents) ou collaboratives concurrentes, tout comme le fait qu’il n’y avait pas d’installation et donc pas un besoin de faire intervenir le service informatique de l’entreprise.

« L’autre point qui m’a séduit, c’est l’utilisation des sujets et des maquettes numériques lors des réunions de synthèse pour résoudre des problèmes en ayant un contexte clair et un suivi des décisions. » continue Charles Viel. Bimsync est un excellent outil de communication auprès de la Maîtrise d’Ouvrage et de la Maîtrise d’Œuvre, qui permet une rapidité d’échanges et de prises de décision.

Charles – lors de ta promotion, avais-tu fait un retour auprès de ta direction sur ces nouvelles technologies et ton intention de développer cela ? Comment cela a-t-il été perçu ?

Sébastien Angevin, Cogérant du groupe Angevin, était déjà conscient de l’essor des méthodes BIM (Modélisation des Informations du Bâtiment) dans la construction et regardait avec attention ce que faisait la concurrence en la matière. Charles Viel a de ce fait initié le dialogue, fort de sa récente expérience sur ses champs d’application. « M. Angevin et moi-même partageons le même intérêt d’intégrer ces nouvelles méthodes de travail pour dynamiser l’entreprise » confirme Charles. « C’était une évidence qu’il fallait suivre le mouvement. ». La décision a donc été rapidement prise et nous avons démarré l’implémentation du BIM au sein de tous les services: Structure, Méthodes, Études de prix et Travaux.

Charles et Nicolas – quel a été votre objectif d’implémentation de méthodes digitales (cas d’usage BIM) ? Quelles ont été les raisons de ce choix ? Que cherchiez-vous à optimiser au sein d’Angevin ?

Amélioration de la productivité via la montée en compétences de tous les services

Lors de son arrivée, Nicolas a observé que tous les services concernés n’avaient pas la même expérience BIM, les mêmes compétences, ni la même longévité. En effet, dans le service Méthodes, il y avait déjà un gabarit et quelques scripts Dynamo de créés. Les maquettes EXE Structure étaient déjà utilisées pour les plans de sécurité. Le service Structure en revanche est assez récent, avec une équipe complètement nouvelle et doit donc se construire petit à petit.

« Notre objectif est de faire utiliser la maquette par tous les services. Mon rôle est d’harmoniser les compétences BIM au sein du groupe, et cela passe par l’humain. C’est pour cela que je m’adapte à chacun de mes interlocuteurs. » développe Nicolas. Chaque service a des objectifs à atteindre, sans planning strict, pour qu’à termes chacun puisse bénéficier des données contenues dans les maquettes numériques et ainsi optimiser son temps de travail.

Model 3D

LE FOIL, Brest

Augmentation de l’attractivité

« Introduire un service BIM au sein de l’entreprise permet de proposer des rendus 3D plus commerciaux/attractifs mais également d’avoir des référents pour appuyer les candidatures lors d’appels d’offres ou simplement des réunions avec la MOA/MOE » affirme Nicolas.

Avoir des spécialistes en interne permet de :

  • Répondre plus précisément aux cahiers des charges Client
  • Proposer des mémoires et rendus BIM plus complets et détaillés
  • Maîtriser la gestion des variantes
  • Livrer des projets de qualité
  • Présenter des processus de travail rôdés

L’image d’Angevin EG devient donc plus attractive pour les clients car l’entreprise maîtrise un spectre de compétences plus large.

Rester compétitif

« Intégrer les méthodes BIM est à présent indispensable pour répondre à des projets de grandes envergures » affirme Nicolas. « A l’époque, ils étaient réservés aux majors car ils avaient les ressources nécessaires pour assumer la partie BIM. À présent, nous sommes capables de challenger ces majors ».

Angevin EG n’a pas forcément accusé une baisse d’activité liée au fait qu’ils ne pouvaient répondre à certains cas d’usage BIM, mais cela reste nécessaire pour ne pas se faire distancer et rester concurrentiel.

« De plus, avant mon arrivée, Angevin gagnait certains projets avec du BIM et externalisait cette partie-là. Or cela a un coût, il est donc important de contrôler la qualité des éléments fournis par nos sous-traitants et gérer les remarques chantiers. » ajoute Nicolas. Pour rester compétitif, il faut savoir maîtriser ses coûts en produisant en interne.

Model in Bimsync BIM platform
3D model in Bimsync

UPEP St Brieuc

Améliorer la communication inter-service (futur)

Pour le moment, Nicolas centralise et contrôle les informations entre tous les services. Pendant la phase d’exécution les échanges se font bien entre les services, « en revanche, en phase d’appel d’offre où le timing est plus serré, cela devient plus compliqué ». Chacun utilise son propre serveur et sa méthode. Idéalement dans le futur, chaque service travaillera sur la même maquette, avec un espace où l’ensemble des collaborateurs du projet pourra échanger, tel que Bimsync par exemple.

Charles et Nicolas – rétrospectivement, comment cela a été adopté par vos collègues ? (Nouvelles compétences, fonctionnalités les plus appréciées et utilisées de Bimsync, nouvelles habitudes de travail, etc.)

Travaux

Le retour est globalement positif : « Bimsync en Exécution est très apprécié par les conducteurs de travaux. La visualisation des modèles, la création de coupes et la prise de mesures sont les fonctionnalités les plus utilisées. » explique Nicolas. Certains conducteurs de travaux deviennent même moteur de la démarche.

« Pour moi c’est l’outil Sujet qui me plait le plus » confie Nicolas. L’ajout récent de la gestion des VISA l’intéresse beaucoup, fonction dont il avait formulé le besoin par le passé.

3D model building in Bimsync BIM
3D model building in Bimsync BIM

Bâtiment industriel, remisage d’engins lourds

Etudes de prix

L’utilisation quasi systématique de Bimsync en AO leur a permis de cadrer davantage leur flux de travail et leur méthodologie, ainsi que de professionnaliser leurs échanges notamment pour des Conception/Construction.

Charles et Nicolas – rétrospectivement de nouveau, comment cela a impacté votre image auprès des clients/partenaires et leur volonté de travailler avec vous ?

« Pour les petits projets, où les échanges entre la MOA et Angevin sont directs, nous avons des retours très positifs sur la mise à disposition de la maquette, car cela leur permet de mieux comprendre le contexte. » affirme Nicolas.

Cela est également très valorisant auprès des Architectes et des MOE, surtout pour les Conception/Construction. Bimsync est plutôt utilisé sur ces opérations, car la solution fédère les intervenants autour d’une maquette.

Nicolas – quelles sont tes missions principales à présent chez Angevin ? Comment ton rôle a-t-il évolué après moins de 2 ans au sein de l’entreprise ?

« De manière générale, je suis chargé de la gestion du BIM. Mes missions vont au-delà du BIM Management. J’accompagne les différents services dans leur montée en compétence, et également pour répondre aux appels d’offres. » explique Nicolas. Les demandes de la part de ses collaborateurs sont de plus en plus poussées car ils sont plus matures. Les outils utilisés eux aussi changent ; par exemple Nicolas utilisait Revit pour les rendus, maintenant il les fait sur Enscape.

SAFRAN

SAFRAN, Fougères

Sébastien Angevin et Charles Viel se sont trouvés dans leur attrait pour les innovations et nouvelles technologies, et se sont donc donner les moyens pour faire monter en compétences leurs équipes notamment en embauchant Nicolas et en intégrant certaines de ces technologies, comme Bimsync, dans leurs méthodes de travail.

Bianca Giorsetti, Directrice France+